La vérité sur la rectocolite hemorragique


Cela fait plusieurs jours, mois voire années que vous souffrez de maux de ventre, de problèmes intestinaux.

Vous tentez temps bien que mal de vivre avec, de vous y accommoder.

Et puis vous vous dites, ça arrive à tout le monde d’avoir mal au ventre.

Seulement un jour, les symptômes deviennent de plus en plus fort, vous empêchant de mener à bien votre quotidien.

Vous réalisez à ce moment que ce n’est pas un  simple mal de ventre ou une gastro.

Vous vous décidez alors à consulter. Vous passez d’examen en examen.

Et BOOMM (oui oui c’est l’effet que ça fait : une bombe émotionnelle ),

le diagnostic tombe : vous êtes atteint de rectocolite hémorragique.

Le nom parait bizarre, difficile à prononcer; euh la recto quoi … vous pouvez répéter?

En quelques minutes, on vous annonce que votre vie sera rythmée de périodes de crise où la vie « normale » sera difficile et de période “d’accalmie”.

Que vous aurez des traitements lourds avec une longue liste d’effets secondaires pour toute votre vie.

Que les rendez-vous avec votre gastro seront réguliers.

Bref, que votre vie va changé.

Vous voilà sorti vidé de cette annonce et vidé tout court. Oupss!

Et là, vous vous sentez seul, avec pleins de questions en tête. Vous avez envie de comprendre.

Mais pourquoi j’ai eu cette maladie, pourquoi mon corps est enflammé?

Lorsque vous posez des questions à votre médecin, il vous répond qu’on ne sait pas trop ou que c’est génétique.

Cela sous entend que vous n’y êtes pour rien. Et pourtant, nous verrons dans la suite que ce n’est pas tout à fait vrai.

Maman, comment tu m’as fait?

Il y a effectivement une part de génétique. Vous héritez de la constitution minérale de vos parents, en particulier de votre mère.

Elle vous transmet ses minéraux lors de la grossesse, de votre naissance,  puis lors de l’allaitement.

Mais est-elle responsable? 

Votre mère vous transmet ce qu’elle a. Son contenu minéral dépend aussi de sa propre mère et de son environnement.

Force et de constater que les dernières générations héritent d’un contenu minéral de plus en plus faible.

Regardez autour de vous, vous voyez aujourd’hui des enfants plus malades que leurs parents. Les nouvelles générations sont plus faibles que les anciennes.

Les tissus sont des maillages de minéraux. Vous aurez alors des tissus plus ou moins faibles en fonction des minéraux disponibles.

Les organes sont constitués de tissus. L’élément qui “lâche” en premier est l’organe le plus faible.

Si vous avez développé une MICI* c’est que les intestins sont vos organes les plus faibles.

Ah c’est la faute de ma mère?

Pas tout à fait.

Certes vous avez une faiblesse génétiquement parlant au niveau des intestins, comme d’autres l’ont au niveau des poumons, du pancréas ..

Mais ce qui fait qu’il va y avoir une pathologie ce n’est pas que le tissu soit faible. Mais c’est plutôt votre mode de vie qui conduit à la destruction du tissu.

C’est comme l’argent, certains héritent de peu d’argent, pourtant ils arrivent à le gérer, à se développer et en avoir plus.

D’autres en ont beaucoup au départ, le gèrent mal et finissent chaque mois à découvert. Je sais, parler d’argent c’est tabou comme parler des selles.

Bon revenons à notre sujet.

Il n’y a pas de tare génétique dans les MICI il n’y a que des expressions en fonction du contexte : on parle d’epigénétique.

C’est votre responsabilité de changer de contexte.

Et lorsque je parle de contexte je parle ici de votre mode de vie, de votre alimentation, de votre environnement, de votre façon de voir la vie…

Autant de choses qu’il faut questionner. 

Il faut revoir ce que vous mangez : est-ce adapté à la vie? Est-ce que les générations précédentes mangeaient cela?

En sachant que ces maladies sont assez récentes. Elles ont été découvertes au XX ème siècle. Les MICI c’est effectivement plus d’un siècle de recherches et toujours aussi mal connues.

Des études montrent que plus le pays s’industrialise et plus les MICI apparaissent. Dans le monde, la fréquence des MICI varie considérablement d’un pays à l’autre.

Selon, l’INSERM, les incidences c’est a dire le nombre de nouveau cas de MICI apparus durant une période de temps donné sont plus importantes dans les pays industrialisés “notamment en Europe du Nord-Ouest et aux Etats-Unis”

Intéressant, vous ne trouvez pas ?

Selon la même source, “l’incidence augmente avec le niveau de développement socio-économique des pays, de sorte qu’elle croit fortement en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique du sud ou encore en Inde.”

Le docteur Didier Mennecier, hépato-gastro entérologue fait une très bonne conclusion pour décrire l’évolution des MICI. Je cite :

on peut individualiser un profil évolutif général de l’épidémiologie des MICI dans les pays en voie de développement : leur incidence semble d’abord être basse puis à mesure que ces pays “s’occidentalisent” et changent de mode de vie et d’environnement, la RCH apparaît, alors que l’incidence de la MC reste basse. Enfin, avec le temps, la Maladie de Crohn émerge à son tour pour finalement rejoindre l’incidence de la RCH.”

Hasard ou mode de vie liée à l’industrialisation?

En effet, la nourriture industrialisée est coutume aujourd’hui.

Nous mangeons des plats tout préparés avec des longues listes d’ingrédients illisibles, avec des noms incompréhensibles, du sucre partout, des fruits et légumes avec des pesticides, des céréales modifiées qu’on arrive plus à digérer…

Nous vivons dans des environnements de plus en plus stériles, entourés de personnes toxiques..et de moins en moins de liens sociaux.

Une vie active en permanence où l’on court après la productivité. Une vie surstimulée..

Ce qui conduit inévitablement à un stress permanent. 

Ce stress et cette nourriture (alimentaire et relationnelle) toxique vous conduit à une inflammation permanente.

Et comme nous l’avons vu, en fonction de l’organe faible (ici les intestins) vous développez une MICI.

C’est à dire une Maladie Inflammatoire Chronique des Intestins. Autrement dit vous avez une inflammation permanente dans les intestins.

Ok, mais l’inflammation c’est quoi ?

Mais c’est quoi l’inflammation?

L’inflammation est un processus naturel et protecteur résultant d’une agression.

Le corps détecte une agression ce qui entraine une arrivée massive de cellules immunitaires au niveau des intestins. 

Les vaisseaux sanguins de la zone se dilatent. Les cellules immunitaires s’activent les unes les autres par la production de molécules et de signaux.

C’est ce qui cause les rougeurs, gonflements et douleurs présents sur le site de l’inflammation.

Pour schématiser, nous avons tous déjà eu une coupure au niveau des doigts par exemple, qui est devenue rouge, gonflée, douloureuse et sans rien faire cela c’est cicatrisé.

A première vue, l’inflammation est une bonne chose pour nous.

L’inflammation est donc une réponse du corps pour nous protéger des agents agresseurs. Ces agresseurs vont provoquer des déchets.

L’inflammation va venir nettoyer ces déchets pour rétablir un équilibre dans le corps.

Vous allez me dire : l’inflammation, une bonne chose ? Viens voir mon quotidien qu’on en discute.

Mais je n’ai pas fini.

Lorsque l’agression est ponctuelle. Le corps se remet facilement en équilibre. Mais lorsque l’agression est permanente, l’inflammation devient permanente. 

Il y a alors trop de déchets à nettoyer, des déchets accumulés depuis des années.

L’inflammation devient trop importante, elle s’emballe.

Mais pourquoi s’emballe-t-elle?

Dans le corps, tout est en équilibre. Il y a toujours une pédale d’accélérateur et une pédale de frein.

L’inflammation est la pédale d’accélérateur et la pédale de frein est le cortisol.

Le cortisol est une hormone produite par les glandes surrénales qui est transformé en cortisone.

C’est elle qui régule l’inflammation. Vous devez avoir déjà entendu ce mot puisque la cortisone fait partie des médicaments que l’on vous propose.

Vous allez me dire si notre corps en produit pourquoi avons nous besoin de cortisone synthétique? 

Et là je vous réponds parce que vous êtes fatigué.

Pendant des années, le corps a combattu ses agresseurs. Il a absorbé, régulé des déchets.

Des déchets qui proviennent du métabolisme des cellules mais surtout de notre mode de vie.

Mais lorsque la réaction inflammatoire dépasse les capacités du corps, c’est que l’individu est fatigué.

Ses glandes surrénales sont à plat et donc il n’y a plus de frein à cette inflammation qui se propage. 

L’inflammation devient alors chronique. 

Vous êtes toujours là? On continue.

Au secours il y a le feu! 

L’inflammation se rajoute alors de jour en jour. Il y a littéralement le feu dans les intestins.

Dans la RCH, l’inflammation commence par le rectum et gagne progressivement du terrain si les déchets continuent d’augmenter.

Et vu que l’on n’a pas tous le même nombre de déchets et la même capacité à les traiter.

On distingue alors 3 types de RCH:

  • La rectite : la plus connue. L’inflammation est isolée au niveau du rectum.
  • La pancolite : L’inflammation se situe au niveau de tout le côlon (côlon ascendant, côlon transverse, côlon descendant, côlon sigmoïde et rectum).
  • Les RCH intermédiaires où l’inflammation se situe entre la rectite et la pancolite.

L’atteinte de l’inflammation dans la RCH est plutôt continue.

Elle peut être discontinue dans la maladie de Crohn et toucher toutes les parties du système digestif allant de la bouche à l’anus. 

Nous pouvons alors passé d’une RCH à un Crohn .

Le feu dans les intestins s’étend puisqu’on ne change rien.

Le corps qui nous a murmuré qu’il y a un problème pendant des années nous le crient aujourd’hui.

C’est la seule façon qu’il a trouvé pour que vous l’écoutez (ou pas! ).

Les cris du corps

Les cris du corps sont les symptômes.

Voici les symptômes les plus courants dans la RCH :

  • Douleurs abdominales avec spasmes
  • Diarrhée, plus ou moins abondantes alternant parfois avec des épisodes de constipation
  • Présence de sang dans les selles et/ou de glaires
  • Ténesmes : douleurs rectales et anales avec contracture du sphincter
  • Epreintes : fausses envies pressantes et impérieuses d’aller a la selle
  • Anémie
  • Aphtes buccaux
  • Altération de l’état général : amaigrissement, fatigue chronique, éventuellement de la fièvre

Lorsqu’il y a le feu dans les intestins, les flammes vont forcément toucher d’autres parties du corps.

L’inflammation n’est jamais localisée. En fonction des organes qu’elle touche, on retrouve différents symptômes non digestifs :

  • Les articulations : inflammation au niveau d’une ou plusieurs articulations
  • La peau : inflammation de la peau, acné, boules sous la peau
  • Les yeux : conjonctivite ou uvéite
  • le foie ..
  • Ralentissement de la croissance chez l’enfant ou l’adolescent

Il est alors indispensable d’écouter ces cris, de les entendre et d’en tirer les conséquences.

Changez de direction!

Est-ce que si votre enfant crie, l’enfermeriez-vous dans une pièce où vous ne l’entendrez plus?

Normalement, non (du moins je l’espère).

Vous essaierez de comprendre ce qu’il a, et ferez en sorte de satisfaire sa demande autant que possible.

C’est la même chose pour le corps. Ses cris sont des appels à l’aide. La maladie ne vous ai pas tombé dessus par hasard. 

Vous avez été diagnostiqué.

Et si c’était la meilleure chose qu’il vous soit arrivé.

Et si c’était grâce à cela que vous pourriez marquer un temps d’arrêt dans votre vie, et revoir ce que vous avez fait ou ce qui s’est passé.

Et si vous voyez votre maladie comme une chance, un renouveau. Cela me fait penser à la phrase magnifique et tellement parlante de Josepha G.

“Tu nais Toi, quand tu nettoies ce qui n’est toi”

Et si c’était en fait le début d’une nouvelle vie.

La maladie est certes une épreuve, elle est difficile à vivre. Mais comme tout épreuve, vous en sortirez plus fort.

Réfléchissez à toutes les épreuves que vous avez vécu dans le passé, comment les voyez-vous aujourd’hui? 

Si l’épreuve n’existait pas, nous aurions des difficultés à revoir et à changer notre vie. 

Vous faisiez et faites la même chose. La chronicité de la maladie vient de la chronicité de la réplication de votre mode de vie. 

Et si vous revoyez ce que vous mangez, ce que vous respirez, l’endroit où vous vivez, les gens que vous côtoyez, le lieu où vous travaillez, l’heure à laquelle vous dormez, l’inquiétude permanente que vous vous infligez, les émotions refoulées…

Autant de causes que de personnes. 

Nous sommes tous différent, chacun aura une ou des origines différentes de son inflammation.

Au fond de vous, vous savez, ce qui vous dérange le plus dans votre quotidien, vous savez ce qui est à revoir.

La maladie vous oblige « juste » à vous tourner vers cela. 

Le principal est de commencer à changer de direction.

Et si au lieu d’attendre que la solution vienne de l’extérieur, elle venait de vous. 

Vous n’êtes pas coupable mais responsable de votre situation. 

Conclusion

Pour conclure, nous sommes passé de l’origine probable des MICI au résultat que l’on connait actuellement.

Pour moi qui l’ai vécu, je sais que la rectocolite hémorragique est une maladie extrêmement handicapante qui vous coupe de la société.

Elle résulte d’un déséquilibre entre deux balances. Le tout est de savoir remettre la balance en équilibre. Vous allez me dire si c’était si simple ça se saurait.

Alors essayez !

Je ne vous dit pas de remettre en question tout votre mode de vie du jour au lendemain mais questionnez-le.

La première chose que vous pouvez changer sans tout chambouler est l’alimentation. 

Et à elle seule, vous y gagnerez déjà beaucoup.

Nous verrons dans un prochain article l’alimentation que je préconise et que j’ai moi-même suivi..

“La connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information.”

Albert Einstein

*MICI = RCH (RectoColite Hémorragique) ou MC (Maladie de Crohn)

Sources :

www.cregg.org

www.inserm.fr


8 thoughts to “La vérité sur la rectocolite hemorragique”

  1. Bonjour Nora super j ai parcouru votre texte Ma Fille est en train de changer son alimentation effectivement elle a compris mais c est dur au quotidien elle n est pas encore en rémission mais refuse les corticoïdes atteinte de rechute sur 20 a 30 mais comment bloquer pour éviter que ce
    La s étende !0

    1. Je suis contente qu’elle change son alimentation. Pour diminuer l’inflammation, il faut enlever en priorité tout ce qui est produits industriels et sucre. Après il faut être patient et avoir confiance à l’équilibre naturel du corps. Bon courage 😉

    1. Bonjour Nora, je suis contente d avoir enfin des explications sur cette maladie. Car il est vrai que le gastro ne m a rien expliqué de tout ça !
      On m a diagnostiqué une réctite quand j étais enceinte de 3 mois en 2018. Après l accouchement tout est rentré dans l ordre, j avais donc conclu que les hormones de grossesse avait du jouer un rôle…
      Octobre 2020 j ai changé d emploi ( plus de responsabilité, beaucoup de stress) les symptômes sont revenus immédiatement 😞
      Je ne suis pas retournée voir la gastro, car pour l instant c est “vivable” (pas bedoin d aller tout le temps au toilette = moi c est plutôt la constipation 🙄) et je n ai pas envie d un traitement à vie. J espère qu une fois que je me serais mieux approprié mon poste le stress s attenura et que les symptômes disparaîtront comme ils sont arrivés…
      Question alimentation je pense manger assez équilibré mais j ai hâte de voir votre prochain article pour essayer un régime plus approprié et mettre toutes les chances de mon côté.
      Merci pour votre article !

      1. Merci pour votre témoignage. C’est vrai le stress est un facteur déclenchant des MICI. Mais difficile de l’éviter dans notre société qui va à 1000 à l’heure. Ce que vous pouvez faire c’est le contrebalancer avec des périodes de repos, massage, quiétude..Bon courage 🙂

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